Entretien avec Mr Cyril Thys, apiculteur en Foret de Sénart

Entretien avec Mr Cyril Thys, apiculteur en Foret de Sénart dans le cadre de l’association « Au rucher » et créateur du site « aurucher.fr ».

L’entretien a été réalisé  au domicile de Mr Thys et siège de l’association « Au rucher »  au 21 rue Gabriel Péri à Vigneux-sur-Seine. Il a débuté à 17h30 pour une durée de 22 minutes.

Pour commencer, pouvez-vous me présenter votre parcours ? Qu’est-ce qui vous a amené à faire de l’apiculture ?

D’accord, donc, je suis Mr Cyril Thys apiculteur Urbain… et j’ai monté un rucher  apicole dans le but de promouvoir au maximum le rôle des abeilles…pour l’agriculture et en milieu urbain. L’objectif c’est de développer justement des essaims  pour peupler en abeilles.

Et, vous vous êtes reconverti en fait, vous aviez une activité avant ?

 J’ai consacré depuis une vingtaine d’années mon temps à l’élevage  d’insectes en général, la reproduction de criquets migrateurs, de grillons, je suis un adepte de terrariophilie, vivariophilie, et depuis l’âge de 22 ans j’ai toujours eu des reptiles et j’ai toujours fait de la reproduction. Les abeilles ça c’est fait comme ça il y a 8 ans, je rêvais d’avoir une ruche, là c’était l’occasion, un voisin avait une ruche il me l’a donné, voilà, à Draveil…juste à coté de la forêt de Sénart, je m’en suis occupé.

Ok,…Vous pouvez me décrire en quoi consiste l’association « au Rucher » ?

Oui, d’accord  « c’est la création d’un espace apicole communal d’initiation à l’apiculture » donc c’est ouvert à tous, l’objectif c’est de regrouper des apiculteurs, des amateurs. Donc là par exemple depuis 2 ans je suis present sur Rungis  par exemple sur la semaine du goût avec les enfants, de la ville de Rungis qui viennent avec moi. Pendant 2 jours je suis présent, je fais goûter le miel, j’explique le rôle des abeilles, le fonctionnement… et, je fais les marchés de Noël etc. … et ça ce développe de cette manière.

C’est essentiellement des enfants ou il y aussi des adultes ?

 C’était essentiellement des enfants, mais, depuis cette année j’ai démarré avec des adultes, J’ai déjà des adhérents qui étaient là samedi dernier sur le rucher de Rungis. Et j’ai un autre rucher  sur la ville, de Ris-Orangis, c’est pas du tout le même miel, pas du tout le même goût, au même moment les mêmes récoltes c’est jamais la même chose.

D’accord, quelle est selon-vous je dirais la fonction première de ce type d’activité en ville), ce n’est pas trop basé sur la production… c’est plus un aspect pédagogique que vous avez mis en avant… ?

 Oui c’est l’aspect pédagogique que j’ai mis en avant, même si depuis plus d’un an je vends ma production de toute manière, donc j’arrive à faire les marchés, c’est sympa aussi… Je n’avais pas prévu  de me retrouver à faire les marchés pour vendre du miel. Et finalement c’est vrai que la production me le permet, il faut le vendre. Mais l’objectif principal c’était en effet d’enseigner. La création de l’association pour moi c’était le fait de ne pas me retrouver seul non plus sur les cheptels à chaque fois, souvent je suis dans des environnements comme la forêt de Sénart, c’est magnifique, toutes les saisons je les vois évoluer, j’ai eu envie, qu’il y ait des gens qui viennent avec moi.

Oui c’est une sorte d’initiation à l’apiculture…

Oui, bien sur, l’objectif de toute manière par rapport au Grenelle de l’environnement c’est de reproduire les abeilles,  le miel c’est autre chose…Non c’est la reproduction des abeilles parce que en effet il y en a moins, à cause des pesticides, et du varroa. C’est pour ça qu’aujourd’hui on en parle énormément. Et y a 8 ans quand je disais que je faisais de la reproduction de larves, d’insectes et d’abeilles, ça intéressait pas grand monde, là aujourd’hui ça n’a plus rien à voir (rire).

Oui l’apiculture a du coup évolué en fait…

Enormément  évolué oui, il y a 20 000 apiculteurs qui ont cessé l’activité depuis les années 80, ces 20 000 apiculteurs qui avaient  au moins 300 ruches, (insistance), donc c’est souvent des apiculteurs qui avaient bien plus que ça, qui ont cessé. Et aujourd’hui, les agriculteurs ce sont rendus compte qu’il n’y avait plus d’abeilles pour venir poliniser, donc on en est toujours au même point aujourd’hui, l’objectif justement de cette association c’est de donner la chance aux gens de pouvoir gérer une ruche ou plusieurs chez eux. C’est des gens qui sont prêt à prendre une année de cours pour bien démarrer l’année apicole.

Et c’est assez facile de se lancer dans l’apiculture ?

Ce n’est pas facile non (ton décidé) c’est assez technique, si c’était simple elle vivrait très bien dans le trou d’un arbre dans la nature et on en parlerait plus. Mais elles ne survivent pas comme ça on est obligé de les aider, sinon ça reste des petits essaims et ce n’est pas suffisant pour la pollinisation…ne serait-ce que pour un quartier comme celui-ci (il regarde à l’extérieur…) pour polliniser tout les cerisiers, euh…oui il faut beaucoup d’abeilles.

Vous n’avez jamais eu de problème par rapport au phénomène du frelon asiatique ?

Non non, j’ai eu du varroa de la fausse teigne voilà ce que j’ai eu, mais ça va. Le froid aussi, il a fait très froid, et finalement j’ai perdu 5 ruches c’est correct, la majorité de mes amis qui sont apiculteurs ont perdu plus de 80 % de leur cheptel. Donc le frelon n’est pas un problème en milieu Urbain et puis il y a le frelon Européen, il a toujours était là.

C’est l’hiver surtout qui est responsable des pertes…

Oui  c’est des insectes très fragiles, et en effet, tous s’agglutinent autour de la reine et des fois si il ne reste plus qu’une centaine ou quelques centaines d’abeilles ça ne suffit pas pour chauffer, c’est délicat. Même en étant apiculteur et en les ayant misent dans des ruches il y a des contraintes, parfois on peut héberger comme ça, la fausse teigne, on peut héberger du varroa. Il y a encore quelques années on traitait systématiquement en produits chimiques les ruches, donc ça, moi, je le fais pas, j’utilise des huiles essentielles, ça aussi c’est un objectif, c’est de travailler  euh…plus méticuleusement, plutôt que d’avoir plein de ruches et transhumer un maximum, l’objectif c’est de se fixer et de bien travailler en groupe.

Au niveau de la production quel est à peu près le volume de miel que vous produisez ?

Ca varie, dans le corps de ruche principal on a 40 kilos de miel, ça c’est leur réserve pour manger, Ensuite on vient mettre des hausses…ça c’est le grenier après elles mettent du stock L’année dernière en moyenne on a fait 20 à 30 kilos par ruche voilà, il y a une bonne partie du miel de toute manière que je leur redonne l’hiver, donc à la finale y a pas tant de miel que ça. Elles en mangent tellement qu’il faut leur en redonner pratiquement deux à trois fois tout l’hiver.

Quel est la particularité du miel qui est produit en ville ?

C’est qu’ici il y a énormément de fleurs, on a tout les parterres fleuris,  tout est fleuri, toute l’année. On les voit ramener du pollen très, très tôt, normalement il y avait le noisetier  et le saule marsault en ce moment, mais il y a beaucoup d’autres choses. Alors que en province dans le 45 ou le 77 le problème c’est qu’entre les cultures intensives il reste plus rien, puisqu’il y a que des champs, très peu d’habitations, donc on peut imaginer très peu de jardins, très peu de concentration de cerisiers, de pommiers. C’est ça en fait le problème, c’est que des cultures intensives et……des cultures uniques, que du blé, du tournesol, du colza. Ici on a pas ce souci, justement, on a pas les pesticides, déjà on arrive à les garder plus longtemps nos abeilles aussi.

Cette nouvelle tendance qui se développe en ville d’avoir des abeilles juste pour la pollinisation, pourrait également selon-vous se développer en milieu rural ?

Bien sur, ils n’ont pas le choix, de toute façon faire des abeilles à Paris, je ne vois pas l’intérêt…, là ce qu’on a besoin c’est d’abeilles pour polliniser les champs, mais bon ça va peut-être donner envie à des gens de se lancer dans l’apiculture…C’est sûr que créer des abeilles en sachant qu’elles volent de toute manière au maximum  3, 4 kilomètres. Les abeilles à Paris il y a une grosse publicité là-dessus, bon euh c’est de la fausse écologie, c’est pas ça le problème, ce qui est intéressant par rapport à ce noyau qu’est Paris c’est le côté déclencheur de la moralité de l’apiculture. Il y a des gens qui sont pour défendre la cause des abeilles….bon y a pas que les abeilles, il y a d’autres insectes pollinisateurs. Et puis au niveau du pesticide qui est balancé de toute façon il n’y a pas que l’abeille, il y a nous aussi.

Au niveau de votre miel, quel est le profil général de votre clientèle ?

 Beaucoup de gens qui viennent pour se soigner. Sinon c’est des mamans avec enfants qui connaissent les bienfaits du miel, évidemment on en parle de plus en plus. des gourmand, je vends du pollen aussi, là c’est des retraités aussi, des gens qui viennent pour se soigner, pour faire des cures au pollen, ils connaissent très bien les vertus du pollen. Sinon j’ai des clients de tout âge pour la propolis, pour des maux de gorge l’hiver hop propolis.

Et qu’est ce que la propolis ?

C’est une récolte faite par les abeilles, c’est en fait une résine végétale, elles s’en servent pour assainir la ruche et recouvrir toutes les surfaces intérieures de la ruche pour assurer son étanchéité…elle joue un rôle de protection microbienne également… et cette propolis, on dit résine de propolis aussi, on s’en sert depuis longtemps car elle a des vertus thérapeutiques notamment antiseptiques. Sur Draveil et Tigery

Ah…parce que j’habite pas très loin  à Boussy-Saint-Antoine et  la forêt de Sénart c’est limitrophe,  je ne savais pas du tout qu’il y avait des ruchers à la forêt de Sénart, il y en a beaucoup ?

Ah oui, il n’y a pas que moi à priori…

Ce n’est plus l’aspect productif à mettre en avant ?

Oui, pour moi en tout cas.

Très bien c’était très intéressant je vous remercie.

 

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